Japon, paradis des espions ? L'ombre de la Russie plane sur Tokyo
Le New York Times qualifie le Japon de paradis des espions. Des dizaines d'agents russes, expulsés d'Occident, s'y seraient installés pour piller des technologies de pointe sous couvert d'activités civiles.
Une cible privilégiée
Depuis le début de l’invasion de l’Ukraine, plusieurs pays occidentaux ont expulsé des centaines d’agents russes. Selon le New York Times, qui s’appuie sur des sources gouvernementales, une partie de ces individus a trouvé refuge au Japon. L’archipel est devenu une plaque tournante pour contourner les sanctions économiques internationales.
L’un des cas mis en lumière concerne un employé d’une compagnie aérienne russe basée à Tokyo, suspecté de mener des opérations clandestines. À peine le reportage publié, l’intéressé a quitté le territoire. Ce scénario n’est pas inédit : en janvier dernier, la police a transmis au parquet le dossier d’un ressortissant russe soupçonné d’avoir tenté de subtiliser des secrets industriels. L’homme, protégé par son statut, a pris la fuite avant d’être interpellé, menant à un classement sans suite.
Pourquoi le Japon ?
Le professeur Ken Kotani, spécialiste du renseignement, explique que le Japon est perçu par les services russes comme un pays sûr. La raison est double. D’abord, le tissu industriel nippon regorge de technologies civiles sophistiquées qui peuvent être détournées à des fins militaires, comme des composants électroniques de pointe. Ensuite, l’arsenal juridique japonais reste jugé trop permissif, rendant les activités d’espionnage plus difficiles à détecter et à sanctionner qu’en Europe ou aux États-Unis.
Une réponse en ordre dispersé
Face à cette menace invisible, le gouvernement japonais réagit. Une nouvelle loi visant à renforcer les capacités de renseignement national vient d’être adoptée. Le Premier ministre doit bientôt présider la première réunion d’un conseil dédié à la sécurité nationale pour mieux coordonner la lutte contre les ingérences étrangères.
Le défi pour les autorités est toutefois de taille : il s’agit de muscler la surveillance des activités suspectes tout en respectant la vie privée et les libertés individuelles, un équilibre délicat que le Japon peine encore à trouver.
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