Justice : le procureur Hiroshi Horiki traitait les suspects de « Yakuzas »
De nouveaux détails choquants émergent du procès contre l'État japonais pour interrogatoire illégal. Le nom du procureur et ses insultes comparant le droit au silence à une attitude de gang font scandale.
Un nom sur des méthodes musclées
On en sait désormais plus sur l’homme derrière les menaces filmées lors d’un interrogatoire qui secoue la justice japonaise. Il s’agit de Hiroshi Horiki, qui officiait à l’époque au sein du bureau des enquêtes spéciales du parquet de Tokyo. Dans l’enregistrement d’une heure dix projeté au tribunal lors du procès du président de Techno System contre l’État, on découvre un haut fonctionnaire qui perd totalement son sang-froid face au silence du suspect.
« Antisocial » et « chef de gang »
Les mots sont d’une violence rare pour une enceinte officielle. Horiki lance à son interlocuteur que s’opposer au parquet revient à être un « élément antisocial ». Au Japon, le terme « hansha » (pour hanshakaiteki seiryoku) est extrêmement lourd de sens : il désigne officiellement les organisations criminelles, principalement les Yakuzas.
Le procureur ne s’arrête pas là. Il compare carrément l’attitude du prévenu, qui souhaite simplement exercer son droit constitutionnel au silence, à celle d’un « chef de gang de bas étage ». Pour Hiroshi Horiki, se taire n’est pas un droit légitime, mais une preuve de malhonnêteté et une insulte directe à l’institution judiciaire.
La culpabilisation du silence
La vidéo montre également le procureur reprochant violemment au suspect de rejeter la faute sur autrui en choisissant de garder le silence. « Même un gamin ne ferait pas ça », s’emporte-t-il, alternant entre mépris et intimidation pure. Face à ces attaques, le suspect finit par craquer devant la caméra, exprimant sa frustration de voir ses propos systématiquement détournés contre lui par les enquêteurs.
Ce témoignage visuel fragilise la défense de l’État dans cette affaire. Il illustre une dérive des méthodes d’enquête japonaises, où la pression pour obtenir des aveux semble parfois primer sur le respect des droits fondamentaux garantis par la Constitution.
「検察庁を敵視することは反社」検察官の取り調べ映像を法廷で再生 東京地検特捜部が手がけた詐欺事件めぐる損害賠償訴訟で 東京地裁|TBS NEWS DIG
© TBS NEWS DIGCet article se fonde sur le reportage publié par TBS NEWS DIG, la vidéo ci-dessus. Il est écrit en français et relu par la rédaction. Vous pouvez tout vérifier à la source. Notre méthode.