Séisme à Kumamoto : le maire d'Uki lance un appel à l'aide face au chaos
Trois jours après le séisme, la ville d'Uki suffoque sous la chaleur et le manque d'eau. Le maire Naohiro Suematsu tire la sonnette d'alarme : ses équipes sont épuisées et le bilan humain risque de s'alourdir.
Trois jours que la terre a tremblé à Kumamoto, et à Uki, le maire Naohiro Suematsu ne cache plus son inquiétude. Entre les canalisations pulvérisées, une chaleur à crever et des équipes municipales au bout du rouleau, la municipalité appelle à l’aide nationale.
L’eau, le nerf de la guerre
Le premier combat, c’est l’eau. Le réseau de la ville dépend normalement des eaux de la Kuma, mais les canalisations ont été broyées par les secousses. Si les réservoirs locaux se remplissent doucement, les premiers tests de remise en service ont révélé des fuites en cascade. Pour l’instant, on survit grâce aux camions-citernes venus de tout le pays.
Le maire a raconté comment l’armée a dû intervenir en urgence pour livrer des tonnes d’eau à une clinique de dialyse. Sans ce renfort de la Force terrestre d’autodéfense (les militaires japonais), des vies auraient été perdues en quelques heures. Si l’eau potable arrive tant bien que mal en bouteilles, l’eau courante pour l’hygiène reste un luxe inaccessible pour des milliers de foyers.
Le piège de la chaleur
Le séisme n’est qu’une partie du problème. La météo s’est transformée en deuxième catastrophe avec des températures caniculaires. Dans les 11 centres d’évacuation d’Uki, 3 200 personnes s’entassent. Si certains sites ont des climatiseurs alimentés par des groupes électrogènes venus de Fukuoka, d’autres sont encore dans le noir.
Le danger vient aussi des réfugiés de parking, ces habitants qui dorment dans leur voiture par peur des répliques. Le risque de coup de chaleur y est énorme. Le maire craint de voir le bilan s’alourdir par des décès indirects, comme en 2016 où le stress et les conditions de vie précaires avaient tué quatre fois plus que les secousses elles-mêmes.
Des bras, pas seulement des vivres
La situation humaine est critique, même pour ceux qui sont censés aider. Les 400 employés de la mairie d’Uki sont eux-mêmes des sinistrés. Ils travaillent sans relâche alors que leurs propres maisons sont parfois en ruines. Le maire martèle que le personnel manque. Les dons arrivent de tout le Japon, mais il n’y a plus assez de monde pour trier les cartons et organiser la distribution. Le message est clair : la ville a besoin de renforts humains pour gérer la logistique de crise.
【報ステ】今直面する“喫緊の課題”は…“震度7”熊本・宇城市長に聞く【報道ステーション】(2026年7月31日)
© ANNnewsCH