Civils victimes des raids de 1945 : l'espoir d'une indemnisation s'envole
81 ans après la fin de la guerre, un projet de loi prévoyant 500 000 yens pour les civils handicapés par les bombardements a été abandonné au Parlement, faute d'accord politique.
Huit décennies se sont écoulées, mais la plaie reste ouverte pour les civils japonais victimes des bombardements de la Seconde Guerre mondiale. Le 8 juillet, un projet de loi historique a été déposé au Parlement pour tenter de réparer une injustice de longue date : verser une indemnité forfaitaire de 500 000 yens (environ 3 100 euros) aux civils souffrant de handicaps physiques ou mentaux causés par les raids aériens. Selon FNNプライムオンライン, environ 3 000 personnes sont aujourd’hui identifiées comme bénéficiaires potentiels de cette mesure.
Une inégalité de traitement historique
Le texte visait à combler un fossé béant dans la reconnaissance nationale. Si l’État japonais a versé au fil des ans environ 60 000 milliards de yens aux anciens militaires et à leurs familles, les civils n’ont jamais reçu de compensation spécifique. Setsuko Kawai, 87 ans, incarne ce combat. Lors du grand bombardement de Tokyo le 10 mars 1945, elle n’avait que 5 ans. Elle a vu son père subir de graves brûlures et a perdu sa mère ainsi que ses deux petits frères. Pour elle, cette loi n’est pas qu’une question d’argent, c’est le moyen de voir ses proches enfin reconnus comme des victimes par leur propre pays.
Le blocage politique au PLD
Malgré l’urgence, le projet de loi a été officiellement abandonné à la clôture de la session parlementaire. Le texte s’est heurté à un mur au sein du Parti libéral-démocrate (PLD), où l’absence de consensus a enterré les espoirs des derniers survivants. L’impossibilité de convaincre une minorité d’opposants au sein du parti majoritaire a empêché le texte d’aboutir avant la fin du calendrier législatif.
Pour Setsuko Kawai, qui continue de manifester devant le Parlement avec sa capuche pare-éclats (le bousai-zukin porté pendant la guerre), le combat ne s’arrête pas là. Elle refuse que les futures générations héritent de ce silence et de ce déni. Si la porte ne s’est pas ouverte cette fois, elle a promis de continuer à frapper jusqu’à ce que l’État admette enfin la souffrance de ces victimes civiles.
置き去りにされた空襲被害 救済訴え続ける女性の思い
© FNNプライムオンラインCet article se fonde sur le reportage publié par FNNプライムオンライン, la vidéo ci-dessus. Il est écrit en français et relu par la rédaction. Vous pouvez tout vérifier à la source. Notre méthode.