Montagne au Japon : la folie des alpinistes secourus deux fois d'affilée
Au Japon, les équipes de secours font face à un phénomène ahurissant : des randonneurs secourus en montagne reprennent leur ascension dans la foulée et réclament à nouveau de l'aide deux jours plus tard.
Une seconde chance jetée par la fenêtre
C’est une situation qui laisse les secouristes japonais perplexes et en colère. Alors que la saison de randonnée estivale bat son plein, les secours font face à une multiplication des « doubles sauvetages ». Le principe est aussi simple qu’inconscient : un randonneur en difficulté est secouru, remis sur pied, puis choisit de poursuivre sa route ou de remonter immédiatement en altitude, avant de lancer un second appel de détresse quelques heures plus tard.
Les exemples récents s’accumulent. Le 2 juillet dernier, sur le névé de Hakuba Daisekkei à Nagano, un homme incapable de marcher à cause de la fatigue a dû être évacué. L’histoire aurait pu s’arrêter là, sauf que ce même individu avait déjà été secouru deux jours plus tôt pendant son ascension. Le 14 juillet, deux touristes étrangères ont réclamé un hélicoptère pour des douleurs aux jambes lors de leur descente, alors qu’elles avaient déjà été secourues deux jours auparavant. Même scénario sur le mont Fuji le 12 juillet, où un randonneur épuisé a appelé à l’aide, 24 heures seulement après un premier sauvetage.
La colère des alpinistes chevronnés
Face à ces comportements, l’alpiniste japonais Ken Noguchi n’a pas caché sa colère sur les réseaux sociaux. Il s’est ouvertement demandé s’il fallait vraiment continuer à intervenir pour des gens qui manquent à ce point de respect aux montagnes et aux équipes de secours.
Pour les spécialistes, cette dérive s’explique par la facilité déconcertante avec laquelle on peut aujourd’hui passer un appel de détresse. Les téléphones portables et les applications mobiles donnent un faux sentiment de sécurité. Beaucoup de marcheurs s’élancent en montagne en pensant qu’un hélicoptère viendra toujours les chercher au moindre coup de fatigue.
L’illusion des réseaux sociaux
Autre facteur aggravant : la désinformation sur internet. De nombreux débutants préparent leurs itinéraires en observant les réussites affichées par d’autres sur les réseaux sociaux. Ils copient des parcours exigeants sans évaluer leurs propres capacités physiques, leur niveau technique ou les conditions réelles sur le terrain.
Les experts rappellent pourtant la règle d’or de la haute montagne : il faut partir du principe que personne ne viendra vous sauver. La préparation ne se résume pas à acheter du matériel moderne, mais demande une vraie conscience de ses limites personnelles.
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