Séisme à Kumamoto : la chaleur, cet ennemi invisible qui menace les rescapés
Après les secousses, Kumamoto affronte une canicule meurtrière. Entre manque de clim dans les gymnases et nuits passées en voiture, la course contre les « décès liés à la catastrophe » est lancée pour les secouristes.
Le bilan du séisme de Kumamoto risque de s’alourdir bien après la fin des secousses. Dix ans après le grand tremblement de terre de 2016, les autorités craignent de voir l’histoire se répéter. À l’époque, les décès indirects (dus au stress, à la fatigue ou à l’aggravation de maladies chroniques) avaient été quatre fois plus nombreux que les victimes directes des décombres. Aujourd’hui, avec une canicule qui frôle les 40 °C, le danger est immédiat.
Les gymnases transformés en étuves
Le constat est alarmant dans les zones les plus touchées comme Hikawa ou Uki. Dans ces communes, aucune salle de sport d’école, qui servent de centres d’évacuation, ne dispose de climatisation. À l’échelle de la préfecture, le taux d’équipement n’est que de 21 %. Sans électricité, impossible de rafraîchir les sinistrés. L’armée a bien acheminé plus de 300 climatiseurs mobiles, mais le compte n’y est pas face à l’humidité étouffante qui sature l’air. Certains habitants préfèrent rester dehors, sur un simple tapis de sol, malgré la chaleur qui remonte du bitume brûlant.
Le piège mortel des nuits en voiture
Par peur des répliques ou faute de place, des milliers de personnes dorment dans leur véhicule. C’est un choix risqué. Sans pouvoir étendre leurs jambes, les réfugiés s’exposent au syndrome de la classe économique, une thrombose qui peut être fatale. Une habitante d’Uki raconte avoir épuisé son plein d’essence en deux jours seulement pour faire tourner la climatisation de sa voiture. Sans toit et sans perspective de relogement rapide, beaucoup se sentent pris au piège.
Un système de santé sous haute tension
Les hôpitaux, comme le centre hospitalier général de Yatsushiro, tiennent bon grâce à des renforts venus de Kagoshima ou de Yamaguchi. Si les murs sont lézardés, l’urgence est ailleurs : assurer la continuité des soins pour les personnes âgées, les plus fragiles. Dans une clinique d’Uki privée d’eau et de courant, des médecins de Fukuoka ont installé des toilettes sèches automatisées. Ces équipements, alimentés par batteries, sont vitaux car de nombreux seniors cessent de boire pour éviter d’aller aux toilettes, provoquant des déshydratations sévères. Au-delà de l’urgence physique, les soignants redoutent le choc psychologique qui frappera d’ici un mois, quand l’attention nationale commencera à baisser.
猛暑の被災地で「災害関連死」防ぐには 医療・介護現場の最前線 熊本で求められる“寄り添う医療” 最大震度7の熊本地震【報道特集】|TBS NEWS DIG
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