Torisashi : un médecin paralysé après avoir mangé du poulet cru
Le torisashi, spécialité de poulet cru prisée dans le sud du Japon, cache un danger neurologique méconnu. Un médecin témoigne de son calvaire après avoir fini en fauteuil roulant à cause d'une simple bactérie.
Le torisashi est un classique des tables du sud de Kyushu, notamment à Kagoshima et Miyazaki. Ce plat consiste à servir des tranches de poulet cru, ou très légèrement saisies, avec de la sauce soja et du gingembre. Si la tradition est ancienne dans ces régions, la mode s’est propagée ces dernières années dans tout le Japon. Mais cette tendance culinaire s’accompagne d’un risque sanitaire majeur que les autorités peinent à contenir.
Un médecin en fauteuil roulant
Le témoignage d’un médecin japonais, relayé par 朝日新聞 le 17 août 2026, illustre la gravité de la situation. Après avoir consommé du poulet insuffisamment cuit dans un restaurant, l’homme a contracté le syndrome de Guillain-Barré. Ce trouble neurologique grave survient lorsque le système immunitaire s’attaque aux nerfs après une infection.
Aujourd’hui contraint de se déplacer en fauteuil roulant, le praticien regrette amèrement son choix. D’après son récit, il s’agissait d’un « risque qui aurait pu être évité ». Ce cas extrême rappelle que derrière l’aspect raffiné de la cuisine japonaise se cachent parfois des dangers invisibles.
Le danger de la bactérie Campylobacter
Le coupable est presque toujours le même : la bactérie Campylobacter. Présente naturellement dans l’intestin des volailles, elle contamine la viande lors de l’abattage. Selon les autorités sanitaires citées par 朝日新聞, une très petite quantité de bactéries suffit à provoquer une intoxication alimentaire sévère. Dans certains cas, comme pour ce médecin, l’infection déclenche une réaction auto-immune paralysante.
Si les restaurants de Kyushu suivent des protocoles d’hygiène très stricts pour la découpe du poulet cru, ce n’est pas forcément le cas des établissements qui s’improvisent spécialistes du torisashi à Tokyo ou Osaka. Les experts rappellent qu’une cuisson à cœur reste la seule garantie absolue de sécurité. Malgré les avertissements répétés depuis des années, de nombreux izakaya (bars japonais) continuent de proposer ces plats à une clientèle souvent mal informée des risques neurologiques potentiels.
ギラン・バレー症候群で後遺症と闘う男性 居酒屋の定番メニューに潜む食中毒の危険
© 朝日新聞Cet article se fonde sur le reportage publié par 朝日新聞, la vidéo ci-dessus. Il est écrit en français et relu par la rédaction. Vous pouvez tout vérifier à la source. Notre méthode.