Trésor sous-marin : le Japon découvre des terres rares à 6 000 mètres de fond
Le Japon a confirmé la présence massive de terres rares au large de l'île de Minami-Torishima. Cette découverte majeure pourrait briser le monopole chinois et assurer l'indépendance technologique du pays.
Le Japon a mis la main sur un trésor caché au fond de l’océan Pacifique. Des analyses publiées récemment confirment que la boue prélevée en février dernier, à 6 000 mètres de profondeur, contient des concentrations massives de terres rares. Le gisement se situe au large de Minami-Torishima, une île isolée située à 2 000 kilomètres de Tokyo. Le navire d’exploration Chikyu, spécialisé dans les forages profonds, a réussi à remonter 50 tonnes de ce sédiment précieux.
Ce n’est pas de la boue ordinaire. Elle est riche en terres rares lourdes comme l’yttrium et le dysprosium. Ces métaux sont indispensables pour fabriquer des aimants surpuissants, des moteurs de chasseurs F-35 ou des lasers médicaux. Pour Tokyo, l’enjeu est stratégique : la Chine produit actuellement 70 % de ces ressources mondiales et restreint ses exportations depuis l’année dernière. La ministre Sanae Takaichi a déjà affirmé sa volonté de renforcer la chaîne d’approvisionnement pour ne plus dépendre d’un seul pays.
Une origine volcanique et organique
Le secret de cette concentration réside dans des os de poissons. Il y a 30 millions d’années, des changements climatiques auraient causé une mortalité massive de la faune marine dans la zone. En se déposant au fond de l’eau, les squelettes ont absorbé les minéraux rejetés par des volcans sous-marins. Cette accumulation millénaire a créé une couche de boue où les éléments les plus recherchés représentent plus de la moitié du mélange.
Le défi de l’extraction
Si la découverte enthousiasme les autorités, l’exploitation commerciale reste un défi de taille. Extraire des matériaux à une telle profondeur coûte une fortune. Contrairement aux mines chinoises exploitées à moindre coût, le projet japonais demande des moyens technologiques colossaux.
Un nouvel essai à grande échelle est prévu pour février 2027. L’équipe compte pomper 350 tonnes de boue par jour pendant un mois pour affiner les chiffres. Le gouvernement rendra sa décision finale sur la rentabilité économique du site d’ici mars 2028. L’idée est de créer une filière nationale pour sécuriser l’avenir de la haute technologie nippone.
南鳥島沖でレアアースが採掘 日本は資源大国になれるのか【ABEMA NEWS】(2026年7月27日)
© ANNnewsCH