TVA à 1 % : l'opposition redoute un scénario à la Truss shock
Invité à la télévision, Motohisa Furukawa, cadre du Parti démocrate pour le peuple, s'inquiète du projet gouvernemental de TVA à 1 %. Il redoute une crise obligataire et un effondrement du yen.
Le spectre d’un emballement des marchés
Le débat sur la fiscalité fait rage à Tokyo. Intervenant ce dimanche sur le plateau de TV Tokyo, Motohisa Furukawa, responsable des affaires fiscales au Parti démocrate pour le peuple (DPFP), a vivement critiqué la mesure phare du gouvernement Takaichi : ramener la TVA sur l’alimentation à 1 % pendant deux ans à partir d’avril prochain.
Pour ce spécialiste du budget, baisser cet impôt sans préciser le financement de l’État fait courir un risque financier majeur à l’archipel. Il évoque ouvertement la menace d’une crise similaire au « Truss shock » britannique de 2022. Si le gouvernement ne lève pas les doutes sur la dette, une envolée des taux d’intérêt et une chute incontrôlée du yen restent tout à fait envisageables, a-t-il prévenu face aux journalistes.
Un casse-tête pour la restauration et les agriculteurs
Au-delà de la tempête sur les marchés, le député met en garde contre les dégâts concrets sur le terrain. Une baisse temporaire de la taxe ne garantit pas que les commerçants répercuteront la remise sur les étiquettes. En revanche, le retour au taux normal au bout de deux ans risque de provoquer un choc d’inflation brutal pour les ménages.
Les professionnels du secteur agricole redoutent également un surcoût de gestion estimé à plusieurs centaines de milliards de yens, tandis que la restauration craint la baisse de fréquentation des salles en raison des écarts de taxation avec la vente à emporter.
Priorité aux réductions d’impôts sur le revenu
Plutôt que d’orchestrer une baisse de la TVA jugée complexe et risquée, l’opposition préconise de cibler directement le pouvoir d’achat des travailleurs. Sa priorité va au relèvement des abattements sur l’impôt sur le revenu et à la mise en place d’un crédit d’impôt restituable avec versement direct aux foyers modestes d’ici 2029.
Selon Motohisa Furukawa, l’utilisation de la carte d’identité numérique My Number doit justement servir à repérer les ménages en difficulté pour leur verser des aides directes. De son côté, la Première ministre Sanae Takaichi entend bien concrétiser sa promesse fiscale en s’appuyant sur sa majorité.
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