Affaire Matsubashi : la police condamnée pour une erreur judiciaire de 1985
La haute cour de Fukuoka vient de rendre un verdict historique dans l'affaire de Matsubashi. Elle reconnaît la responsabilité de la police et des procureurs dans la condamnation injuste de feu Koki Miyata.
L’affaire de Matsubashi est l’un des dossiers d’erreur judiciaire les plus marquants du Japon. Tout commence en 1985 dans la ville d’Uki, à Kumamoto. Koki Miyata est alors accusé d’un meurtre qu’il n’a pas commis. Malgré ses protestations et des aveux extorqués sous la pression, il est condamné à treize ans de prison.
Un innocent derrière les barreaux
Miyata a purgé sa peine en entier. Il a fallu attendre 2019 pour qu’un nouveau procès, une procédure de révision rarissime au Japon, l’innocente officiellement. Malheureusement, le combat pour la vérité a pris tellement de temps que le vieil homme est décédé peu après. Sa famille a repris le flambeau juridique pour demander des comptes à l’État et à la préfecture.
La police et les procureurs pointés du doigt
Lors du premier jugement à Kumamoto, le tribunal avait reconnu que les procureurs avaient mal agi en cachant des preuves favorables à l’accusé. Mais les juges avaient dédouané la police. Ce 27 juillet, la haute cour de Fukuoka a renversé cette décision. Elle estime désormais que les policiers ont aussi leur part de responsabilité dans ce fiasco.
Le verdict est clair : l’État et la préfecture de Kumamoto doivent verser solidairement des dommages et intérêts à la famille. Les juges ont fustigé les interrogatoires à rallonge et la rétention d’informations cruciales qui auraient pu innocenter Miyata dès le départ. C’est une gifle pour le système judiciaire, qui peine souvent à admettre ses erreurs dans l’archipel. Pour les proches du défunt, c’est l’aboutissement d’une lutte de plusieurs décennies pour laver l’honneur d’un homme brisé par une machine administrative impitoyable.
再審無罪の「松橋事件」めぐる国賠訴訟 国に加え、熊本県の責任も認める原告“全面勝訴”の判決 福岡高裁|TBS NEWS DIG
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