Canicule au Japon : les chantiers et les élevages au bord de l'asphyxie
Le Japon étouffe sous une chaleur historique touchant 252 localités. Des ouvriers d'Osaka aux poules du Kanto, tout le pays cherche l'ombre alors que les prix de l'alimentation menacent de s'envoler.
Un ciel qui tombe sur la tête à Shibuya et un thermomètre qui s’affole partout ailleurs. Samedi, le Japon a vécu une journée schizophrène entre orages violents et chaleur extrême. À Tokyo, les voyageurs se sont retrouvés bloqués dans les couloirs des gares face à des pluies diluviennes, tandis que 252 localités du pays entraient en zone de chaleur extrême, dépassant les 35 degrés.
Un danger mortel sur le terrain
Les secours n’ont pas arrêté. À Hasuda, dans la préfecture de Saitama, une femme de 78 ans a été évacuée en urgence avec plus de 38 degrés de fièvre. À Kumagaya, c’est un entraîneur de sport qui s’est effondré en plein gymnase. Rien qu’à Tokyo, 64 personnes ont fini à l’hôpital. Sur les chantiers d’Osaka, la situation est lunaire : sans aucune ombre, le sol grimpe à 58 °C.
Pour protéger les ouvriers, les entreprises rivalisent d’ingéniosité. On installe des douches d’air frais (une technologie issue des usines high-tech), on distribue des gelées salées et on installe même des stations de shampoing pour refroidir les têtes sous les casques. L’enjeu est de taille car l’an dernier, la chaleur a fait plus de 1 800 victimes dans le monde du travail au Japon, un record.
Vos assiettes en première ligne
La canicule ne vide pas seulement les gourdes, elle vide aussi les étals. Dans les serres de Tokyo, les producteurs de tomates cerises jettent l’éponge. Environ 30 % de la récolte est invendable, les fruits restant jaunâtres au lieu de rougir à cause du stress thermique. Certains agriculteurs prévoient déjà d’arrêter purement et simplement la production estivale à l’avenir.
Même combat dans les poulaillers. Les poules sont très sensibles au chaud et peuvent mourir en quelques minutes si la ventilation flanche. Pour les maintenir en vie, les éleveurs distribuent des glaçons aux poussins. Conséquence directe pour le consommateur : les poules mangent moins et pondent des œufs plus petits, avec des coquilles très fragiles qui cassent au transport. Avec la baisse de production et l’envolée du prix du fourrage, le kilo d’œufs pourrait bientôt dépasser les 700 yens, soit environ 4,40 euros, pour éviter la faillite des exploitations.
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