Japon : la justice durcit les règles contre la conduite dangereuse
Le Japon clarifie les critères de la conduite dangereuse pour limiter les zones d'ombre juridiques. Les excès de vitesse et le taux d'alcool seront désormais soumis à des seuils chiffrés précis.
Des seuils enfin chiffrés
Jusqu’à présent, la différence entre une simple imprudence au volant et une conduite criminelle reposait sur des interprétations floues. La distinction est pourtant majeure : une condamnation pour négligence (délit de conduite imprudente) plafonne à 7 ans de prison, tandis qu’une qualification pour conduite dangereuse peut mener jusqu’à 20 ans. Pour éviter les contradictions judiciaires, comme ce cas à Oita où un conducteur roulant à 194 km/h avait vu sa peine réduite car son allure n’était pas jugée incontrôlable, le législateur fixe désormais des règles strictes.
Sur les routes limitées à 60 km/h, un dépassement de 50 km/h entraînera automatiquement la qualification de conduite dangereuse. Sur les axes plus rapides, le seuil est fixé à 60 km/h au-dessus de la limite autorisée.
Alcool et limites de la loi
Le taux d’alcoolémie est également visé. Le seuil retenu est de 0,5 mg d’alcool par litre d’air expiré, ce qui correspond approximativement à deux grandes bouteilles de bière ou deux unités de saké (le Nihonshu).
Cette mesure suscite toutefois des interrogations chez les familles de victimes. Certains rappellent que des accidents mortels ont été causés par des conducteurs présentant des taux inférieurs à ce nouveau seuil, comme ce drame survenu à Osaka en 2015 avec un taux de 0,25 mg. Le risque de contournement est réel : certains conducteurs tentent de faire baisser leur alcoolémie en ingurgitant des quantités massives d’eau après un accident pour passer sous le radar des autorités. Une tactique qui transforme le travail des enquêteurs en course contre la montre pour récolter des preuves avant que le taux ne chute.
Le casse-tête du téléphone au volant
Si ces critères chiffrés clarifient certaines situations, d’autres problèmes restent entiers. L’usage du smartphone en conduisant, responsable de tragédies comme celle survenue en mars sur l’autoroute Shin-Meishin où 6 personnes ont perdu la vie, demeure un angle mort de la loi. Dans ce cas précis, le conducteur, distrait pendant 13 secondes, n’a été poursuivi que pour négligence. La loi a beau évoluer avec des chiffres concrets, elle peine encore à couvrir l’irresponsabilité humaine au volant. L’efficacité de ces nouvelles règles dépendra surtout de la rapidité et de la rigueur des forces de police sur le terrain.
危険運転の判断基準を厳格化 速度超過と飲酒運転に数値基準 実効性に課題も指摘…遺族から懸念の声も
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