Le thon rouge s'invite à Hokkaido, le sanma devient un produit de luxe
Le réchauffement des océans chamboule la pêche japonaise. Alors que le thon rouge et la bonite pullulent au nord, le prix du sanma s'envole à 600 yens l'unité sur les étals de Tokyo.
Des thons rouges qui sautent hors de l’eau au large de Hakodate, à Hokkaido. C’est le spectacle étonnant que rapportent les pêcheurs locaux. Le diamant des mers remonte de plus en plus vers le nord. À Toyama, les spécimens de plus de 200 kilos deviennent monnaie courante, alors qu’ils étaient quasi absents de la zone autrefois. Selon ANNnewsCH, les professionnels du secteur constatent une augmentation flagrante des stocks ces dernières années.
La fièvre du thon rouge
Selon l’organisme Copernicus, la température moyenne à la surface des océans a atteint un record historique de 21,1 degrés le 22 août. Ce réchauffement pousse les thons à migrer plus loin que d’habitude. Habituellement cantonnés au sud du détroit de Tsugaru, ils dépassent désormais le cap Soya, à la pointe nord de Hokkaido, pour rejoindre le Pacifique. Les scientifiques expliquent que les larves de thon, très fragiles, ont besoin d’une eau à environ 26 degrés pour survivre. Ce seuil thermique se déplace vers le nord, décalant les zones de reproduction de la mer de Chine orientale vers la mer du Japon.
Des quotas en hausse et des bonites à foison
Cette abondance n’est pas qu’une impression visuelle. Les autorités prévoient d’augmenter les quotas de pêche pour les thons de grande taille de 25 % dès l’année prochaine. Pour les restaurateurs, c’est une aubaine. Un établissement proposant des bols de thon gras (le kamatoro, la partie la plus riche située près des ouïes) espère pouvoir doubler ses portions quotidiennes grâce à cet approvisionnement plus régulier. À Kesennuma, c’est la bonite (katsuo) qui fait le bonheur des ports. Le volume débarqué au 29 août est déjà cinq fois supérieur au total de l’année dernière.
Le sanma, nouveau produit de luxe
Le tableau n’est pas aussi rose pour tous les poissons. Le sanma, ce petit poisson effilé appelé balaou du Japon, se fait rare. Lors d’un festival à Ofunato, dans la préfecture d’Iwate, 8 000 poissons ont été distribués gratuitement pour la tradition, mais sur les marchés de Tokyo, le prix a bondi à 600 yens l’unité le 29 août. À Nemuro, premier port de pêche pour cette espèce, les prises sont proches de zéro. Les pêcheurs locaux ne cachent pas leur inquiétude face à cette pénurie. Selon les experts du marché, l’époque où l’on pouvait acheter un sanma pour 100 ou 200 yens appartient désormais au passé.
サンマ歴史的不漁“一尾600円”も…クロマグロは大漁続々“海の異変”が食卓を直撃(2026年8月30日)
© ANNnewsCHCet article se fonde sur le reportage publié par ANNnewsCH, la vidéo ci-dessus. Il est écrit en français et relu par la rédaction. Vous pouvez tout vérifier à la source. Notre méthode.