TVA à 1 % : l'ombre d'un "coup interdit" plane sur le budget de Sanae Takaichi
Pour financer sa baisse historique de la TVA, le gouvernement de Sanae Takaichi lorgne sur les réserves de change du Japon. Une manœuvre jugée risquée, voire illégale, par de nombreux élus de sa propre majorité.
La grogne monte au sein du Parti Libéral Démocrate (PLD). Le plan de Sanae Takaichi pour ramener la TVA à 1 % laisse un trou béant de 5 000 milliards de yens par an dans les caisses de l’État. Au ministère des Finances, on commence à perdre patience. Un haut fonctionnaire résume brutalement la situation : le gouvernement multiplie les factures sans jamais apporter le moindre centime pour les payer.
Le mirage des réserves de change
Pour boucher ce trou, l’entourage de la Première ministre mise sur deux leviers. D’abord, des rentrées fiscales records qui s’enchaînent depuis six ans. Ensuite, une solution beaucoup plus polémique : piocher dans le “Gaitame Tokkai”. Derrière ce nom technique se cache le compte spécial des réserves de change, utilisé par le Japon pour intervenir sur les marchés et stabiliser le yen.
Le calcul est simple. Avec la chute du yen et les taux d’intérêt élevés aux États-Unis, ce compte a accumulé des profits massifs grâce aux placements en dollars. Mais lorgner sur ce magot est un pari dangereux. Le secrétaire général du Cabinet, Seiji Kihara, a déjà mis le holà en rappelant que la loi interdit d’utiliser ces fonds comme une source de financement ordinaire. Certains députés n’hésitent plus à parler de “coup interdit”, car ces réserves fluctuent selon la météo des marchés mondiaux. Ce n’est pas une tirelire stable sur laquelle on peut compter chaque année.
Un simple argument électoral ?
D’autres pistes sont évoquées, comme couper dans les subventions aux entreprises ou augmenter la part payée par les seniors pour leurs soins médicaux. Mais pour l’instant, aucune de ces mesures ne suffit à compenser la perte de revenus liée à la baisse de la taxe nationale.
En coulisses, les langues se délient. Certains élus du parti au pouvoir avouent que cette promesse de TVA à 1 % était surtout un appât pour gagner les dernières élections législatives et couper l’herbe sous le pied de l’opposition. Maintenant que la victoire est acquise, l’enthousiasme pour la réforme s’évapore chez certains cadres. “On a déjà bien profité de l’effet d’annonce”, glisse un député, sous-entendant que le projet pourrait bien finir au placard si aucune solution miracle n’est trouvée pour boucler le budget d’ici la fin de l’année.
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