Nagasaki : le 81e anniversaire entre recueillement et peur de la guerre
Ce 9 août, Nagasaki marque les 81 ans du bombardement atomique. Entre les prières à la cathédrale d'Urakami et les témoignages des survivants, l'inquiétude face à un retour du militarisme plane sur les commémorations.
Ce dimanche 9 août, Nagasaki s’est figée pour commémorer le 81e anniversaire de l’explosion atomique. Dans les allées de la ville et lors de la messe traditionnelle à la cathédrale d’Urakami, le silence habituel du recueillement a laissé place à une angoisse plus contemporaine. Pour beaucoup d’habitants, le message de paix hérité de 1945 semble aujourd’hui menacé par le contexte international.
Le poids de l’impuissance
Une habitante, venue se recueillir tôt ce matin, exprime un sentiment de culpabilité frappant. Pour elle, le Japon s’éloigne de sa trajectoire pacifiste. « En regardant la situation actuelle, j’ai l’impression que nous marchons vers la guerre », confie-t-elle. Elle s’inquiète ouvertement des exportations d’armes japonaises et du risque de voir des armes nucléaires introduites sur le territoire. Face aux monuments, elle a présenté ses excuses aux victimes de 1945, estimant que les efforts actuels pour l’abolition nucléaire sont insuffisants.
Passer le flambeau malgré tout
La transmission reste le pilier de cette journée. Un homme, fils de victime (hibakusha de deuxième génération), raconte les récits de sa mère qui se trouvait dans le quartier d’Ohashi lors de l’explosion. Il évoque un cousin mort durant leur fuite, une scène de désolation qu’il tente de décrire à ses enfants. « C’est une misère totale, il n’y a pas d’autre mot », dit-il.
Les écoles locales, comme l’école primaire Hakusan, continuent d’intégrer des modules d’éducation à la paix juste avant les vacances d’été. Les plus jeunes y apprennent l’importance de cette date du 9 août, un héritage que les parents jugent crucial alors que les derniers témoins directs disparaissent les uns après les autres.
Une doctrine sous pression
Ces commémorations font écho aux récentes déclarations de la Première ministre Sanae Takaichi. Lors de son passage à Hiroshima il y a quelques jours, elle a promis de maintenir les trois principes non nucléaires du Japon (ne pas posséder, ne pas fabriquer et ne pas introduire d’armes atomiques). Pourtant, sur le terrain à Nagasaki, la méfiance est palpable. Entre la hausse des budgets militaires et les tensions régionales, les descendants de victimes craignent que les promesses politiques ne pèsent pas lourd face à la réalité géopolitique.
【詳報】長崎原爆の日81年 早朝の祈り
© 共同通信Cet article se fonde sur le reportage publié par 共同通信, la vidéo ci-dessus. Il est écrit en français et relu par la rédaction. Vous pouvez tout vérifier à la source. Notre méthode.