Prix du riz : une baisse annoncée qui réjouit les consommateurs mais inquiète
Après des sommets historiques, le prix du riz japonais amorce une chute marquée. Si le portefeuille des ménages respire, les agriculteurs, eux, s'inquiètent de la rentabilité de leurs récoltes.
Une décrue attendue sur les étals
Le riz, base de l’alimentation japonaise, devrait voir ses prix chuter dès l’arrivée des nouvelles récoltes cette année. La tendance est déjà visible dans les supermarchés, où le tarif moyen des 5 kg est passé de 4 400 yens en début d’année à moins de 3 500 yens ce mois-ci. Les experts, dont ceux de l’Institut NLI et de l’Institut de recherche sur l’économie de la distribution, anticipent un prix de vente au détail autour de 3 000 à 3 200 yens pour 5 kg, soit une baisse de 30 à 40 % par rapport à l’année dernière.
Cette tendance est confirmée par le niveau des « versements provisoires » (des acomptes versés par les coopératives agricoles, les JA, aux producteurs) dans les régions précoces comme Kyushu. Dans des préfectures comme Miyazaki ou Kagoshima, ces montants affichent des reculs allant de 20 à 40 % par rapport à 2025, fixant ainsi une référence à la baisse pour le reste du pays.
Le désarroi des producteurs
Si le consommateur y trouve son compte, le moral est en berne dans les champs. À Chiba, certains riziculteurs envisagent même d’abandonner une partie de leur récolte. La raison ? La chute drastique des prix de rachat par les grossistes. Un agriculteur témoigne : l’an dernier, son riz était racheté 35 000 yens les 60 kg, contre environ 15 000 yens cette année. Avec l’augmentation des coûts de l’énergie et de la main-d’œuvre, les charges risquent de dépasser les gains.
« Si le bilan financier devient négatif, autant ne rien récolter », confie un producteur excédé par ces calculs théoriques qui ignorent la réalité du terrain.
Un risque pour le futur
Ce paradoxe soulève une inquiétude majeure pour le long terme. Si les agriculteurs s’épuisent ou abandonnent leur métier face à ces fluctuations, le Japon pourrait faire face à une pénurie dans quelques années. Dans un pays où la population agricole vieillit déjà, cette fragilité économique pourrait accélérer la désertification des terres cultivables et engendrer, par ricochet, une nouvelle flambée des prix sur le long terme.
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