Séisme à Kumamoto : le calvaire des sinistrés d'Uki entre ruines et canicule
À Uki, les rescapés du séisme font face à une chaleur accablante. Entre les maisons qui menacent de s'effondrer et le manque d'eau, le quotidien dans les centres d'évacuation devient un véritable défi sanitaire.
À Uki, dans la préfecture de Kumamoto, le réveil est amer pour la famille Yamamoto. Ils avaient emménagé il y a seulement trois mois dans leur maison neuve, et aujourd’hui, elle est déjà condamnée. La structure penche dangereusement à cause des répliques incessantes qui secouent la région. Pour Mirai, le père de famille, la situation est d’autant plus cruelle que les fournitures scolaires des enfants sont restées coincées à l’étage. Sa femme a frôlé le pire, elle a été extraite de justesse de la cuisine après avoir été coincée entre le réfrigérateur et la gazinière.
L’enfer des gymnases surpeuplés
Comme des milliers de sinistrés, les Yamamoto ont dû se réfugier dans un gymnase municipal. Mais avec plus de 1 000 personnes sur place, l’endroit affiche complet. Le premier soir, la famille a dû dormir à la belle étoile sur un terrain de sport, subissant l’humidité et les attaques incessantes de moustiques.
Ceux qui possèdent des animaux de compagnie préfèrent souvent dormir dans leur véhicule pour ne pas les abandonner. C’est un choix risqué alors que l’essence se raréfie. Aux abords des stations-service, les files d’attente s’allongent sur des kilomètres. Pour tenir le coup, certains utilisent des petits climatiseurs portables alimentés par batterie, afin d’économiser le carburant devenu une denrée rare.
Une urgence médicale liée à la chaleur
Sur le terrain, les équipes médicales venues de la préfecture de Nagasaki constatent une évolution inquiétante. Si les premiers soins concernaient des blessures physiques, les médecins traitent désormais presque exclusivement des cas d’hyperthermie. Sans électricité stable pour faire tourner la climatisation dans les centres d’accueil, la canicule est devenue l’ennemi numéro un.
L’entraide tente de compenser le manque de moyens. Pendant que les Forces d’autodéfense (l’armée japonaise) assurent le ravitaillement en eau potable, des bénévoles distribuent des kakigori (de la glace pilée avec du sirop) pour rafraîchir les enfants. Pour les anciens du village, qui ont déjà connu le séisme de 2016, l’accumulation des secousses et des températures frôlant les 40 °C est une épreuve sans précédent.
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