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Un Français devient maître de l'archerie à cheval à Kamakura

Installé au Japon depuis 12 ans, Jean Donadieu s'est pris de passion pour le yabusame, l'art ancestral du tir à l'arc à cheval. Portrait d'un mordu qui s'entraîne dur au sein d'une école de tradition prestigieuse.

映像 : 産経ニュース · vidéo YouTube intégrée

“In-ko-i !” Le cri claque dans le silence du dojo. Perché sur un cheval de bois, Jean Donadieu ajuste sa position et vise. Ce Français, installé à Kamakura depuis douze ans, n’est pas là par hasard. Il pratique le yabusame, cet art spectaculaire et rituel où l’archer doit décocher ses flèches en plein galop sur des cibles en bois.

Un coup de foudre pour les centaures japonais

Tout commence quand Jean a une vingtaine d’années. Fasciné par la puissance et la grâce de ces archers cavaliers, il décide de franchir le pas. Il finit par s’installer à Kamakura, l’ancienne capitale shogunale au sud de Tokyo, pour se rapprocher de la source. Entre son travail et sa vie quotidienne, il rejoint la Kamakura Ryuyukai, une branche de la célèbre école Ogasawara, gardienne des traditions de l’archerie et de l’étiquette équestre depuis des siècles.

Pour lui, le yabusame évoque le mythe du centaure. C’est le moment précis où l’homme et le cheval ne font plus qu’un. “C’est cette unité et cette beauté qui m’ont marqué”, explique-t-il. Mais pour atteindre cette perfection, le chemin est long et demande une discipline de fer.

La rigueur du cheval de bois

On imagine souvent les archers galoper fièrement dès le premier jour. La réalité est beaucoup plus studieuse. Jean passe de longues heures sur le “mokuba”, un cheval de bois fixe utilisé pour l’entraînement. L’objectif est simple mais redoutable : comprendre son propre corps, corriger les mauvaises habitudes et stabiliser sa posture. C’est seulement avec une forme parfaite sur le bois que le mouvement devient fluide et efficace une fois en selle sur un véritable animal.

Plus qu’un sport, une quête de soi

Pour ce Français, le yabusame dépasse le cadre du simple loisir. C’est une immersion totale dans ce que le Japon a de plus profond. Il considère cet art comme un patrimoine essentiel qu’il faut absolument protéger et transmettre aux générations futures. Au-delà de la technique pure, c’est aussi un outil de développement personnel. “Cela me pousse à me dépasser, à aller au-delà de celui que je suis aujourd’hui”, confie-t-il. Malgré les barrières de la langue ou de la culture, Jean continue d’encocher ses flèches, bien décidé à porter haut les couleurs de cette tradition millénaire.

原題 · TITRE ORIGINAL

【Scenes】伝統継ぐ青い目の射手 流鏑馬に魅せられ、鎌倉で稽古に励むフランス人

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