Violences sexuelles à la NHK : le groupe s'excuse pour sa gestion défaillante
La chaîne publique japonaise NHK a admis avoir échoué à protéger une employée victime d'agression sexuelle par un invité de ses programmes, privilégiant la bureaucratie à la sécurité de sa salariée.
La NHK est en pleine tempête. La télévision publique japonaise a tenu une conférence de presse ce lundi pour s’excuser publiquement. Le motif est grave : une de ses employées a subi des violences sexuelles de la part d’un intervenant de l’un de ses programmes, et la réaction de l’entreprise a été jugée totalement inappropriée.
Les faits remontent à plus d’un an, lors d’une réception organisée après un tournage. L’employée, désignée sous le nom de code A, a subi une agression de la part d’un invité de l’émission. Suite à cet événement, elle a sombré dans un état de stress post-traumatique (PTSD) et a dû s’arrêter de travailler. Le scandale ne s’arrête pas là. Lorsqu’elle a voulu reprendre le travail, elle a demandé à être affectée dans un autre service pour ne plus croiser son agresseur. La NHK a refusé.
Un refus de mutation au nom du règlement
Pourquoi une telle décision ? Les responsables ont expliqué que le groupe craignait de créer un précédent. Ils ont préféré suivre à la lettre le règlement interne, qui prévoit que les salariés reviennent à leur poste d’origine après un arrêt maladie. La direction reconnaît aujourd’hui avoir manqué de discernement en privilégiant la règle administrative à la protection humaine.
L’enquête interne, qui a duré un an, pointe trois échecs majeurs. D’abord, le manque de considération pour la gravité du traumatisme. Ensuite, l’absence de coordination entre les services pour gérer le cas. Enfin, le fait que rien n’ait été mis en place pour que cela ne se reproduise pas.
L’agresseur s’abrite derrière l’alcool
Interrogé sur les faits, l’auteur de l’agression a sorti une défense tristement classique au Japon : il était ivre et n’a aucun souvenir de la soirée. Il a tout de même précisé que s’il avait fait une telle chose, il en était désolé. Il s’est engagé à ne plus jamais contacter la victime.
Le président de la NHK a promis une refonte de la culture d’entreprise pour que chaque salarié se sente en sécurité. Dans un pays où la télévision publique est censée montrer l’exemple, l’affaire fait tache. Elle rappelle que même dans les plus grandes institutions, la lutte contre le harcèlement et les violences sexuelles se heurte encore trop souvent à la lourdeur bureaucratique.
NHK職員出演者から性被害 「当時の対応不適切」NHKが謝罪【スーパーJチャンネル】(2026年8月5日)
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