Séisme à Kumamoto : la faille de Hinagu a bougé de 1,4 mètre
Cinq jours après le séisme de magnitude 7, les experts révèlent l'ampleur du mouvement géologique. Entre chaleur étouffante et coupures d'eau, les rescapés s'organisent alors que les sources naturelles tarissent.
L’onde de choc est encore bien réelle à Kumamoto. Cinq jours après le séisme qui a secoué la région mardi dernier, les experts de l’université du Tohoku ont pu mesurer l’ampleur du désastre géologique. La faille de Hinagu, déjà responsable de la catastrophe de 2016, a bougé de façon spectaculaire.
Une fracture de 1,4 mètre
Sur le terrain, les chercheurs ont constaté une élévation brutale du sol. À certains endroits, près de la jonction autoroutière de Yatsushiro, la terre s’est soulevée de 1,4 mètre. Ce mouvement vertical explique la violence des secousses et les dégâts massifs sur les infrastructures. Selon le professeur Shinji Toda, cette rupture concerne une partie de la faille qui n’avait pas cédé il y a dix ans. Le risque n’est pas écarté pour autant : d’autres segments sous-marins pourraient provoquer des tsunamis dans la mer de Yatsushiro.
Des commerces centenaires à terre
À Yatsushiro, le moral est à l’épreuve. La pâtisserie Tashiro Fukushindo, une institution centenaire célèbre pour ses biscuits au miel, n’est plus que ruines. Le bâtiment historique s’est effondré. Heureusement, le propriétaire avait déménagé ses ateliers l’an dernier. “C’est une chance d’être en vie”, confie-t-il, même si son matériel professionnel est hors d’usage et que l’eau manque toujours pour relancer la production.
La menace de la soif
À Hikawa, la situation est critique. Le maire tire la sonnette d’alarme : la station d’épuration est hors service pour plusieurs mois. Sans électricité et avec des réserves de carburant qui s’épuisent pour les générateurs de la mairie, l’accès à l’eau potable devient un défi quotidien. Les habitants se tournent vers les sources naturelles de la région, habituellement si fraîches qu’elles servent de réfrigérateurs pour les boissons. Un nouveau problème surgit : avec la canicule et les mouvements de terrain, ces sources commencent à tarir.
L’organisation citoyenne
Dans ce chaos, la solidarité s’organise via le numérique. À Mifune, des bénévoles certifiés Bosai-shi (des experts citoyens formés à la gestion des catastrophes) utilisent des groupes LINE pour cartographier les routes bloquées et les stations-service ouvertes. Si ces réseaux privés sauvent des vies, le défi reste d’étendre cette information à l’ensemble de la population, notamment aux plus âgés qui n’ont pas toujours accès aux smartphones.
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